Recouvrer un sentiment de contrôle sur sa vie

par | 23 Oct 2020 | Changement, Divers

Notre contexte de vie actuel est anxiogène et limitant : les mesures restrictives de notre liberté que génère la pandémie, les dangers et menaces que celle-ci charrie, avec son cortège d’incertitudes, ses menaces sur l’économie et les emplois, le bouleversement des manifestations affectives et des relations sociales, les limitations de déplacements… tous ces facteurs nous perturbent . A cela s’ajoute la pression du changement dicté par le politique et le médical. Recouvrer un sentiment de contrôle sur sa vie passe par une meilleure appréhension des mécanismes auxquels nous sommes soumis et des conséquences possibles de ce contexte. Cette connaissance peut nous aider à adapter notre comportement. La psychologie, à travers ses divers champs de connaissance, offre quelques clés pour cette compréhension. L’approche clinique, les sciences cognitives et la psychologie sociale nous éclairent sur le fonctionnement humain, et nous donne ainsi accès à une meilleure compréhension de ce qui nous arrive en fonction des contextes.

 

Quand les comportements appropriés ne sont pas les plus disponibles

 

Ces situations de stress ravivent des émotions et réveillent de vieux traumatismes. Cela perturbe à la fois la sphère émotionnelle et le traitement de l’information. La peur, l’anxiété, l’angoisse sont des entraves pour développer des réponses appropriées aux situations et risquent de nous plonger dans la passivité ou dans les mécanismes de répétition. Cette crise peut avoir plus d’impact encore sur les profils qui ont tendance à penser qu’ils sont responsables de ce qui leur arrive par rapport à ceux qui imputent les événements qui les touchent aux facteurs extérieurs.

 

Les mesures de prévention de la pandémie nous privent de liberté. Or, lorsque nous avons le sentiment que notre liberté est menacée ou entravée, lorsque nous sommes soumis à des interdictions ou que le champ des possibles est réduit, l’objet ou l’activité entravée devient plus attractif et nous avons tendance, pour tenter de maintenir notre sentiment de liberté, à nous tourner vers ce qui est interdit, par « réactance ». Ce phénomène va à l’encontre des comportements appropriés.

 

Par ailleurs, la psychologie cognitive démontre que dans des situations inattendues dans un contexte de stress ou d’anxiété ce sont les réponses comportementales les plus apprises, les mieux acquises, qui surgissent, quand il serait plus pertinent de trouver des solutions adaptatives, c’est-à-dire de mettre en œuvre des solutions nouvelles. Cette façon de « réagir » quand l’on perd le sentiment de contrôle sur son environnement peut constituer un danger. Les barrières dites sociales sont en contradiction avec des habitudes comportementales, voire avec des rites sociaux. Il nous faut brider nos élans spontanés. Nous devons inhiber des réponses automatiques pour leur substituer de nouvelles manières d’agir. Cet apprentissage n’est pas accessible facilement à tous.

 

Quand le changement est souhaitable

 

Le traitement de l’information est à la base de l’adaptation et du changement, mais l’information ne suffit pas. Dans le contexte actuel des comportements désirables socialement sont attendus de chacun, or le changement individuel est généré par le fait de considérer le comportement agréable et le sentiment que nous le choisissons librement. En ce qui concerne les stratégies de changement qui procèdent de l’influence extérieure, nous citerons deux modes de changement : la persuasion et l’influence sociale.

 

On sait que dans le domaine de la persuasion, la source du message doit être crédible, le message doit être plutôt modéré, et doser la part factuelle et la part affective, on sait aussi que nous sommes plus persuadés par un message qui nous amène à tirer des conclusions par nous-mêmes. Les messages qui recourent à la peur ne sont efficaces que s’ils donnent des moyens pour résoudre le problème. Sans ces conditions et surtout quand les sources d’influence ne sont pas convergentes, nous sommes renvoyés à nos propres ressources.

 

La psychologie sociale nous fournit une piste pour développer des comportements socialement valorisés : changer des habitudes est facilité par une participation aux décisions, dans un processus collectif, où l’on est amené à s’engager de manière progressive face à d’autres. La participation aux décisions renforce le sentiment de contrôle, de pouvoir personnel, qui est un facteur puissant de motivation.

 

A l’échelle individuelle, prendre soin de soi est plus que jamais indiqué. Sortir de la passivité pour échapper au sentiment d’impuissance auquel nous exposent la crise et les médias, trouver nos propres sources de motivation, développer les pensées positives et apprendre à « lâcher prise » sont des comportements appropriés pour retrouver un peu de bien-être et de sentiment de contrôle personnel.  Changer d’attitude par rapport aux choses quand on ne peut pas les changer, c’est possible. C’est possible par l’exploration des émotions, la découverte d’une autre manière de percevoir les situations, mais surtout en s’engageant petit à petit dans de nouvelles activités qui aident à prendre ses distances par rapport aux situations stressantes.

 

En conclusion

 

La conscience de ces processus peut nous aider à décrypter des scripts de comportements ou à relier nos émotions à leurs sources, et à sortir de cette spirale d’anxiété ou de comportements non adéquats. La conscience de notre fonctionnement, et de ses conséquences sur nous-mêmes et sur les autres, renforce notre sentiment de liberté et notre respect des autres. Changer nécessite de désapprendre et de reconstruire, mais aussi simplement de prendre du temps pour soi. Si vous vous sentez débordé(e), le recours à des professionnels de la santé ou du bien-être est indiqué.

 

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